Ils chantent l'écho de la forêt. 

Ils chantent l'écho de la forêt, 
2022
400 * 600 cm
(céramique, moquette, bois, dispositif sonore 8 canaux)
piste sonore 8 canaux - 41:48 mn

" Imaginons un mythe de demain, un récit d’hier, d’il y a longtemps. Des hommes ont détruit la forêt. Ils ne croyaient plus aux forces de la nature qui habitaient les lieux. Les récits qui racontaient leurs présences avaient depuis longtemps été délaissés…
De ces hommes, ne restent que leurs voix, prisonnières d’urnes funéraires qui prirent la forme de leurs visages. Depuis ils chantent l’écho de la forêt.
Peut être qu’un jour les présences des bois, troublées par la beauté de leur musique, reviendront la reconstruire. "

Cette piste sonore à l’écoute est un extrait de l'adaptation stéréo de la composition en 8 canaux créé pour l’installation:

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Dans une salle d’exposition sont disposées des amphores en céramique aux formes anthropomorphiques, depuis lesquelles résonnent le son de la forêt tropicale. L’installation propose un scénario où les hommes, en chantant, renouent avec leurs origines, se remémorent les liens forts qui les unissent à leur environnement. La musique semble avoir toujours été pour les hommes un moyen pour dialoguer avec les forces de la nature : prendre langue avec les puissances célestes pour les amadouer. Le propos de l’exposition « faire résonner la forêt en l’homme » est illustré par sa forme. « Le contact avec le sonore s’effectue par le corps. C’est une prise au corps sans qu’on puisse dire comment on est pris. ». Dans l’écoute, notre corps fait vibrer le son en lui. Il devient alors une caisse de résonance à visage humain. L’installation illustre en miroir, ce qui se passe en nous.


* Daniel Deshays, Entendre le cinéma, Paris, Klincksieck, 2010, p.160


Regarder une video de présentation :
https://www.youtube.com/watch?v=7uoMTmrnr0c
À l’origine de ce projet d’installation, il y a eu un premier contact avec l’univers de la forêt équatoriale, celle du Gabon, ce que j’y perçu, m’ouvrit à un monde. J’ai été fasciné par la beauté et la variété des sons qui se jouaient à mes oreilles. J’entendais quelque chose de très musical.
L’envie de retourner écouter, d’enregistrer et de partager cette musique ne m’a plus quitté.
Pour collecter les sons, je me suis rendu en Guyane où se situe une partie de la forêt tropicale Amazonienne. J’ai effectué les enregistrements pendant un séjour de trois semaine au coeur de la Réserve Naturelle des Nouragues, dans une Station du CNRS.
Puis j’ai modelé les céramiques à l’atelier du Schaddelmühle à Grimma.
Les sons sans corps sont toujours mystérieux. Peut-être, car le sonore est lié au mouvement et que le mouvement dans la nature semble lié au vivant et que le vivant sans corps, c’est l’esprit. Des voix que l’on entend sans les voir. Du fait qu’elles soient désincarnées, ces voix semblent être partout, venir de partout, elles acquièrent de ce fait une aura magique.

L’imaginaire de l’installation sonore, ils chantent l’écho de la forêt, s’est plus particulièrement nourri de la lecture du mythe d’Écho d’Ovide et de la cosmogonie des Yanomami que l’on peut découvrir à travers les paroles de Davi Kopenawa, chaman et leader des Indiens Yanomami. Il a partagé les mythes fondateurs de son peuple, avec son ami, l’ethnologue belge Bruce Albert et ils en ont fait un livre La chute du ciel.
Vous pouvez regarder le diaporama en bas de page pour avoir plus d’informations à ce sujet.
Riesi, Sicile, Octobre 2014.

Je voulais rentrer dans les maisons vides, mais la seule agence immobilière existante, ne s’occupe que des maisons habitables… On voit beaucoup de panneaux « Vendesi » (à vendre) mais 3 fois sur 4 il n’y a pas de numéro à joindre.
Alors j’ai regardé les murs, les pierres. Il y a une espèce de confusion entre les maisons qui tombent en ruines, car elles ont cessé d’être habitées, et celles qui sont inhabitées car elles n’ont jamais été finies. Les briques, les pierres, les mortiers sont apparents, la peinture part, ou elle n’a jamais était faite. Il y a un cycle qui se crée, on voit d’où partent les choses, et où elles finissent:
Un tas de pierre.
Le sol aussi est sec. Des cailloux. On sent d’où viennent les pierres des maisons.
Je n’ai pas vu une ville morte, j’ai vu des pierres bruyantes.
L’installation est constituée de 368 plaques de plâtre et deux pistes sonores. Chacune des plaques a été réalisée manuellement. Elle forme un carrelage de plâtre, détruit petit à petit par les visiteurs marchant dessus après l’ouverture au public. En ce faisant, ceux ci produisent des sons de craquements qui rentrent en communication avec la partie sonore de l’installation.
La composition sonore à l’écoute a été réalisée en créant des sons avec pour instruments des plaques de différents matériaux (béton, siporex, mortier…) dont les plaques de plâtre constituant la sculpture.